Les « Listes de proscription Stamboul », ou comment défigurer pour déshumaniser, et pouvoir éliminer ensuite avec bonne conscience, ou toute la vérité sur l'organisation « Union des juifs français pour la paix » (UJFP), dont Pierre Stamboul est l'un des vice-présidents (le président est Patrick Wagman), à travers son texte paru en décembre 2005 sur le site internet de l'UJFP : « Antisémitisme : réalité et instrumentalisation ». (http:// www.ujfp.org).

 

Avant propos :

 

Pierre Stamboul, comme tout individu qui traite les autres de fous (aliénés ... illuminés ... voir son texte plus loin), est lui-même un objet d'étude particulièrement riche à analyser (maboul Stamboul perd la boule avoir les boules ). Son cas est révélateur de la persistance d'une idéologie qui est apparue avec les premières villes dans l'histoire de l'humanité, au Proche-Orient, et les premiers Etats, et la nécessité pour la classe oppressive, exploiteuse de la masse, au sommet des pyramides et des ziggourats, de légitimer l'inhumain, le bris des vies, de casser les consciences, de renverser les rôles de bourreau et de victime, pour faire parvenir à accepter au plus profond des êtres dont l'existence est broyée et mangée par leurs maîtres, l'amour de leurs dévorateurs. Cela a été la raison d'être des premières religions, religion étant l'un des noms de l'idéologie. C'est la suite d'une certaine idéologie copiée et hybride des premières idéologies des premiers systèmes de masses et centralisés (égyptien, et mésopotamiens) d'exploitation de l'homme par l'homme, qui ont instauré l'ère de l'inhumain, ère que nous n'avons toujours pas dépassé, et que nous voyons se placer en évidence, au sommet, apparaître aveuglante au jour, éclipsant la lumière du soleil, la lumière de la vie, idéologie qui dévore même les rayons créateurs du soleil, à travers l'Etat d'Israël, le génocide des Palestiniens, et la destruction de tout le Proche-Orient.

 

 

Développement :

 

Pierre Stamboul est vice-président à l'UJFP, l'Union des juifs français pour la paix, qui est comme son titre l'indique, une organisation communautariste exclusiviste, où ne peuvent être que des juifs français, ce qui est totalement en opposition avec son but affiché qui est « pour la paix », par la discrimination qui est proclamée par son titre même. Mais le « pour la paix » n'est d'évidence inscrit là que pour la façade, comme "Liberté Egalité Fraternité" sur les frontons des Palais de Justice ...

 

La vraie fonction de Pierre Stamboul est de dresser des listes de proscrits, afin de désigner à l'élimination comme antisémites, ceux qui s'opposent au génocide des Palestiniens par les juifs sionistes.

 

Au delà de l'absence d'intérêt pour la personne de Pierre Stamboul en elle-même, il apparaît comme l'exemple type du sioniste activiste camouflé, ce qu'il dévoile involontairement dans son article qui suit, paru sur le site internet de l'UJFP, en décembre 2005, intitulé « Antisémitisme : réalité et instrumentalisation ».

 

La méthode de Pierre Stamboul est celle de tout sioniste, c'est le déni du réel. Il manipule les faits jusqu'à parvenir au renversement des rôles, le bourreau devenant la victime, et la victime le bourreau. Pierre Stamboul se dévoile grossièrement en utilisant le procédé coutumier des sionistes, celui de dresser, comme ses confrères du Bétar, de la Ligue de défense juive, et des autres organisations ouvertement sionistes et terroristes, des listes de proscrits, d'individus dérangeant l'ordre sioniste, ces individus devant être livrés à l'exécration du public, comme antisémites.

 

Pierre Stamboul, qui se fait passer pour libertaire, est en charge d'infiltrer le milieu dit libertaire français (on retrouve par exemple ses écrits même dans la revue confidentielle éditée à Reims « Courant alternatif », de l'OCL, un micropuscule dit « communiste libertaire », réunissant une dizaine de personnes en France, une quasi secte).

 

Le rôle dévolu à Pierre Stamboul comme agent de maintien de l'ordre sioniste, est celui d'empêcher toute prise de conscience du caractère constitutivement et irrémédiablement raciste et génocidaire du sionisme et de l'Etat d'Israël, au sein de l'extrême gauche.

 

Le déni du réel de Pierre Stamboul apparaît dans son article qui suit, à travers trois cas :

 

Le déni de la corruption totale de l'ex Autorité palestinienne du défunt Yasser Arafat, devenu l'âme damnée des sionistes, et dont la mouvance enfin poussée dans les poubelles de l'Histoire par le Hamas, était représentée en France par Leïla Shahid, ridiculisée par des affaires de détournement de sommes très importantes du budget palestinien au détriment de la survie de la population de Palestine. Elle a quitté la France avec la venue du Hamas au pouvoir, n'ayant plus rien à piller, pour rejoindre son mari qui vit dans l'aisance au Maroc, chez notre ami le très ultra-sioniste, très trafiquant de drogues, très pro-américain, et très tortionnaire de père en fils, Mohammed VI. Pierre Stamboul la regrette, car comme il dit, il y a les opposants au sionisme fréquentables, car non antisémites, comme Leïla Shahid, c'est à dire qui sont en réalité des créatures des sionistes, et les autres, les affreux.

 

Le déni du caractère constitutivement et irrémédiablement raciste et génocidaire du sionisme et de l'Etat d'Israël, lequel ne peut exister que par l'élimination totale de tous les non-juifs de la Palestine , ce qui est le fond même de sa raison d'être et de sa constitution implicite. L'Etat d'Israël est le seul Etat au monde à ne pas avoir édicté une constitution. Cette constitution ne peut être que secrète et inavouable, car mise au jour, elle provoquerait l'indignation mondiale. C'est aussi le seul Etat au monde à ne pas avoir fixé ses frontières, annonçant ainsi son projet d'envahir les pays voisins, et d'en chasser ou d'en exterminer les habitants.

 

Le déni de la réalité du judaïsme, réalité qui est exposée dans la Bible ou Thora, particulièrement dans le livre nommé « Deutéronome », où il est proclamé que les juifs sont le peuple élu, qu'ils sont destinés à dominer le monde, que le monde leur appartient, qu'ils sont autorisés par Dieu à envahir, à exterminer ou à subjuguer, à exploiter tous les autres peuples, et cela par tous les moyens, comme le Talmud affirme dans de nombreux passages le caractère inférieur des non-juifs, allant jusqu'à les dire non humain, intermédiaires entre l'homme et l'animal. Pierre Stamboul feint d'ignorer la Bible et le Talmud, qui sont pourtant les deux piliers du judaïsme, alors qu'il se dit juif, c'est à dire adepte de la religion juive, et qu'il fait donc sienne la profession de foi juive, et alors qu'il a toute liberté de se libérer de cette appartenance religieuse.

 

Les autres principales organisations de cette mouvance pro palestinienne factice en France sont l'Association France Palestine Solidarité, de Bernard Ravenel, le CCIPP de Youssef Boussouma, les Femmes en noirs, la CAPJO d'Olivia Zémor, d'obédience trotskiste Lutte ouvrière.

 

Pour mémoire, voici une extrait d'un texte de Daniel Milan, victime en 2001 de tortures opérées par la police nationale à Nice sur ordre de l'organisation sioniste « J'Accuse », de Marc Knobel du CRIF et du Centre Simon Wiesenthal, et de l'avocat parisien Richard Sebban :

 

« L'antisémite n'est pas un homme contre lui tout est permis On lui promet la mort On l'insulte On veut le lyncher Le Procureur requiert contre lui, la peine maximale, pour lui apprendre l'Histoire Peu importe que les accusations portées contre le coupable soient vraies, fausses ou inexactes Le coupable, ne peut qu'être coupable Et puis il a une tête de coupable forcément On déballe et on expose sa vie privée On le met à nu Tout a été soigneusement, et plutôt plusieurs fois qu'une, radiographié, analysé et scannérisé  ». On suppute On lui impute toutes les turpitudes antisémites On lui recherche On lui invente des turpitudes cachées On se demande ce qu'il a bien pu faire dans le ventre de sa mère On s'interroge sur la variété d'antisémite auquel on a à faire On constate avec effroi, qu'il a un nez, une bouche, deux yeux, et deux oreilles On le condamne à la peine maximale, tout en regrettant qu'elle ne puisse être plus élevée. On fait « sortir » le coupable entre les policiers pour le rentrer dans un fourgon et le conduire en prison On l'humiliera On l'agressera On le menacera On le torturera. On le suicidera peut-être Peu importe, ce n'est plus un homme C'est un antisémite, contre lequel tout est permis Le moindre graffiti « antisémite » est une affaire d'Etat Un crime d'humanité contre l'humanité  ».

 

Dans l'article qui suit, Pierre Stamboul, « libertaire », « enseignant » en mathématiques ( ?) à Marseille, nous enseigne qui il est « juste » de déshumaniser, afin de pouvoir, sans doute, le torturer, l'humilier et l'anéantir, sans état d'âme, et même peut-être, à y trouver son plaisir.

 

Dans le même ordre d'idée, cela n'est pas sans rappeler les affaires de vitriolage des visages d'opposants au sionisme, dont le dernier a été opéré récemment par des nervis sionistes menés par le rabbin Alex Moïse, sur une jeune fille arabe qui était spectatrice de Dieudonné à Lyon.

 

Défigurer pour déshumaniser, lancer de l'acide sulfurique pur à la face d'autrui, même d'une enfant, brûler un visage à vie, ronger ses chairs jusqu'à l'os, l'enlaidir jusqu'à le rendre méconnaissable, effrayant et monstrueux, l'essence de Pierre Stamboul est bien la même que celle du rabbin Moïse. Mais Pierre Stamboul de l'Union des Juifs « pour la Paix  », lui, mémère, pratique le terrorisme en chambre sur l'Internet, confortable, ses fesses délicates à la peau fine de rond de cuir bien carrées dans son fauteuil moelleux, à l'abri et à distance, en savourant du thé anglais cultivé par des esclaves africains tels Dieudonné, et en écoutant, peut-être, sur sa chaîne stéréo de luxe haute fidélité Bose, assemblée par des esclaves chinois, de la musique classique.

 

On notera qu'il n'existe pas une seule autre religion au monde où les prêtres font jeter du vitriol au visage de ceux qu'ils désignent comme des ennemis.

 

Bon courage, car ce texte est particulièrement long, laborieux, incohérent et ennuyeux. Il ne doit pas y avoir grand monde qui a dépassé le premier paragraphe. Il a de plus planqué la liste des proscrits vers la fin.

 

Bizarrement, ce texte n'est pas accessible en visitant le site de l'UJFP, bien qu'il y soit présent. Il faut pour le faire apparaître connaître et entrer l'intitulé du lien. Par contre, les moteurs de recherche, eux, le trouvent très bien. C'est un petit coup de vice des « juifs pour la paix ».


http://www.ujfp.org/modules/news/article.php?storyid=59    
Articles : «  Antisémitisme : réalité et instrumentalisation » par Pierre Stambul.
le 18/12/2005 18:50:00


Est-il possible de soutenir les droits du peuple palestinien en ignorant les interférences entre ce soutien et la question de l¹antisémitisme ? Ou en pensant que face à l¹arrogance israélienne et à la destruction systématique de la société palestinienne (Michel Warschawski parle d¹ethnocide), la question de l¹antisémitisme est devenue secondaire ? Je ne le crois pas et je commencerai par évoquer deux faits.
Leila Shahid
En disant publiquement la très grande admiration que j¹ai pour elle (en tant que personnalité et en tant que femme, je ne parle pas de sa fonction officielle) et en regrettant vivement son départ de Paris, je tiens à souligner quelque chose qui est très important. Très souvent, quand elle fait des réunions publiques, Leila Shahid tient à être accompagnée de personnalités juives israéliennes ou françaises favorables à une paix juste. C¹est ainsi qu¹elle a multiplié les réunions avec Michel Warschawski et Dominique Vidal mais aussi avec Oren Meddicks (israélien, animateur de Gush Shalom = le bloc de la paix), Marcel-Francis Kahn, Pierre Vidal-Naquet ou Michèle Sibony, vice-présidente de l¹Ujfp. Leila Shahid a le souci de montrer que le combat pour les droits du peuple palestinien n¹est pas un combat partisan ou nationaliste mais que c¹est un combat universel, pour l¹égalité des droits et la justice. Elle a pleinement compris les motivations de celles et ceux qui l¹accompagnent et elle partage leurs valeurs. Mieux, Leila Shahid n¹occulte jamais « la martyrologie juive », l¹antisémitisme et le génocide. Elle en parle souvent, les dénonce comme des crimes abjects pour rappeler aussitôt une évidence : le peuple palestinien n¹a pas la moindre responsabilité dans les catastrophes qui jalonnent l¹histoire des Juifs et l¹Occident continue à « évacuer » sa propre responsabilité en faisant payer au peuple palestinien pour un crime qu¹il n¹a pas commis. Elle rappelle souvent qu¹en Palestine, avant le Sionisme, Palestiniens et Juifs vivaient en bonne harmonie et elle raconte à ce sujet que Palestiniens et Juifs ont coexisté dans la municipalité de Jérusalem à l¹époque de l¹empire ottoman.
Cette prise en compte de l¹antisémitisme a une grande valeur. Pas seulement en terme « moral » pour expliquer que derrière la cause palestinienne, il y a des valeurs universelles. Mais aussi en terme d¹efficacité. Si on pense que la paix « juste » passe par une rupture du consensus qui a transformé la majorité des Juifs en des soutiens inconditionnels à toute politique israélienne, il ne faut pas évacuer une des causes de ce soutien : la peur, certes irrationnelle, de la part de nombreux Juifs d¹un retour de l¹époque des persécutions.
Combattre l¹antisémitisme est donc à la fois une « obligation morale » et une garantie d¹efficacité dans le soutien au peuple palestinien.
Ahmadinejad
Le nouveau président iranien qui affirme son désir de revenir aux « valeurs fondatrices » de la République Islamique , a fait une déclaration tonitruante en évoquant la nécessité de « rayer Israël de la carte ».
Passons sur l¹exploitation immédiate de cette déclaration de la part de Sharon demandant aux Etats-Unis de lui fournir de nouveaux armements ou de la part des alliés de Sharon : Berlusconi a organisé une manifestation importante de soutien à Israël en Italie.
Ce qui est plus frappant, ce sont les réactions dans notre propre camp. Sur la liste de diffusion Assawra, plusieurs personnes ont approuvé la déclaration iranienne en disant en substance que l¹Etat d¹Israël, Etat juif uniquement pour les Juifs, qui a expulsé 800000 Palestiniens en 1948 et qui leur refuse tout droit, doit disparaître.
À l¹inverse, le MRAP a publié le communiqué suivant : le Mouvement contre le racisme et pour l¹amitié entre les peuples (Mrap) a élevé "une vigoureuse protestation devant les insupportables et effrayants propos provocateurs" tenus par le nouveau président iranien Ahmadinejad qui a appelé à "rayer Israël de la carte"."Par cette déclaration immonde", assure le secrétaire général du Mrap dans un communiqué, l¹intention du chef de l'Etat iranien "est claire : anéantir et exterminer un peuple et un Etat parce que juif".
Les deux réactions me paraissent fausses.
Dans le premier cas, personne ne peut penser sérieusement que le président iranien soit favorable à « un seul Etat, laïque et démocratique » où Palestiniens et Israéliens cohabiteraient sur un pied d¹égalité. On est donc bien obligé de penser que ce n¹est pas seulement Israël qu¹il veut rayer de la carte, ce sont aussi les Israéliens. D¹autant qu¹une position conséquente d¹opposition à l¹Etat Juif consiste à démontrer que Les Juifs peuvent rester là où ils vivent et qu¹ils n¹ont aucune raison de partir en Israël. Or en Iran, il y avait 120000 Juifs au moment de la Révolution Islamique. Il en reste 30000. Certes, comme les minorités chrétienne ou zoroastrienne, la minorité juive a un député. Mais il ne fait pas de doute qu¹elle subit de graves discriminations dans la vie quotidienne. Il y a eu un grand procès à Chiraz où les prévenus juifs étaient accusés de sionisme bien sûr. Les mollahs n¹ont fait qu¹imiter les Staliniens quand ils éliminaient dans les années 1950 les communistes juifs Rajk, Slansky ou Ana Pauker également accusés de sionisme. Finalement, ceux qui approuvent Ahmadinejad ne veulent pas voir que sa déclaration met en cause la présence des Israéliens au Proche-Orient.
Quant au MRAP, il mélange sciemment deux choses qui n¹ont rien à voir : Peuple juif et Etat juif. Vouloir détruire le peuple renvoie au génocide nazi et est incontestablement un crime abject. Le MRAP n¹a pas tort de prêter cette pensée secrète au président iranien. Mais vouloir détruire l¹Etat Juif, c¹est légitime. Que la paix juste à laquelle nous aspirons passe par deux Etats vivant sur un pied d¹égalité ou un seul Etat, l¹Etat juif où les non-Juifs sont des citoyens de seconde zone qui se permet depuis 38 ans, au nom de sa sacro-sainte sécurité d¹occuper la Palestine devra disparaître au profit d¹une société laïque. Esther Benbassa parle d¹ailleurs de post-sionisme.
L¹antisémitisme religieux
Il existe plusieurs formes d¹antisémitisme.
Il y a d¹abord un antisémitisme religieux qui est né d¹une conjecture historique particulière. Le peuple juif s¹est constitué à partir du « livre », de la Bible. Il tire sa « légitimité » d¹une histoire légendaire mais extraordinaire : Abraham, Moïse, Josué, Salomon. Des personnages totalement ou partiellement légendaires mais une épopée qui a donné un sens et une raison d¹être au judaïsme. La dispersion (diaspora) est antérieure aux deux destructions du temple, par les Babyloniens et les Romains. Deux événements majeurs expliquent l¹antisémitisme religieux. Alors que les Romains assimilent tous les peuples qu¹ils ont conquis en mélangeant les divinités du peuple soumis aux divinités romaines, cette stratégie va échouer avec les Hébreux. Ceux-ci ont un Dieu unique et se considèrent comme le peuple élu, choisi par Dieu pour exercer sa volonté. L¹assimilation religieuse n¹aura pas lieu et le peuple juif est le seul peuple de l¹Antiquité chassé de sa terre après deux révoltes (en 70 puis en 135 après Jésus-Christ) et dispersé dans l¹empire. Et puis, la nouvelle religion qui va triompher à partir de Constantin, le Christianisme, est au départ une dissidence du judaïsme. C¹est Saint-Paul qui assurera le succès de cette dissidence en supprimant la circoncision et en permettant aux non-Juifs de devenir chrétiens. Christianisme, aryanisme et judaïsme sont en concurrence pendant plusieurs siècles. Au début, le judaïsme est prosélyte comme ses concurrents et de nombreux citoyens de l¹empire se convertissent. Quand le christianisme devient religion d¹Etat, le judaïsme se replie sur les communautés existantes.
Il existe une certaine histoire juive racontée par Léon Poliakov ou André Schwartzbart qui est une longue succession de persécutions ou de massacres. Cette histoire s¹appuie sur des faits indéniables : l¹expulsion des Juifs de très nombreux pays (Espagne, France, Angleterre, Provence ) selon les périodes et leur enfermement dans des zones où ils sont confinés (mellah, juderias, ghettos). Le Moyen-Âge voit le développement de toute une série de persécutions : contre les lépreux, les prostituées, les « sorciers », les hérétiques et bien sûr les Juifs qui subiront souvent la hargne des inquisiteurs. Le premier grand pogrom est commis par la Première Croisade dans la vallée du Rhin (plus de 100000 morts). L¹histoire des Juifs espagnols qui formaient près de 10% de la population au XIVe siècle est particulièrement tragique. Un premier pogrom, parti en 1391 de la ville andalouse d¹Ecija décime 20% des Juifs espagnols. Pendant le siècle suivant, la moitié des Juifs se convertissent. Les autres sont chassés l¹année de la prise de Grenade (1492). On voit dans l¹exemple espagnol à quoi sert l¹antisémitisme : à construire un Etat moderne ethniquement et religieusement pur. Les Espagnols iront plus loin en inventant l¹antisémitisme racial. Les « conversos » ou marranes qui ne peuvent pas attester de leur « pureté du sang » (« limpieza de sangre ») seront à leur tour persécutés et condamnés à la mort ou à l¹exil. Beaucoup retourneront au judaïsme. En Europe de l¹Est, les massacres commencent au XVIIe siècle avec le Cosaque Khmelnitski. Ils se poursuivront jusqu¹à la Révolution Russe. Pour les chrétiens, les Juifs sont un peuple déicide et, à tout moment il est légitime, s¹il y a besoin, de les persécuter et surtout de s¹emparer de leurs biens. Les Juifs du Moyen-Âge n¹ont pas le droit de cultiver la terre et ils occupent souvent des métiers interdits aux chrétiens (usurier entre autres).
Mais cette histoire du judaïsme ne se résume pas à la persécution. Il y a eu des périodes fastes : l¹empire de Charlemagne, l¹émirat de Cordoue, l¹arrivée en Pologne à l¹appel du roi, l¹arrivée en Turquie après l¹expulsion d¹Espagne. Les Juifs du monde arabe ont un statut officiel (celui de dhimmi) qui est certes un statut inférieur à celui des musulmans mais qui leur apporte une certaine protection. Il n¹y a jamais eu de massacre de masse dans le monde musulman avant l¹avènement du sionisme.
L¹antisémitisme racial
La sortie du ghetto commence en Allemagne dès le XVIIIe siècle. Au début, cette émancipation est conditionnelle. Pour accéder à des fonctions illustres, les Juifs doivent se convertir. Ainsi Mendelssohn, Heine, Marx et bien d¹autres sont des convertis ou des enfants de convertis. La Révolution française avec l¹Abbé Grégoire donne aux Juifs la citoyenneté et Napoléon donnera une représentation officielle avec le Consistoire. Curieusement, c¹est cette émancipation qui déclanche les débuts de l¹antisémitisme racial. La haine de « l¹autre » est d¹autant plus forte que cet « autre » nous ressemble, vit parmi nous et parle notre langue tout en étant « différent ». Émancipés, les Juifs représentent une minorité invisible. Leur existence et les caractères qu¹on leur prête (le cosmopolitisme, l¹amour de l¹argent, la complicité avec les autres Juifs ) sont contradictoires avec les nationalismes naissants et la conception dominante d¹Etats ethniquement purs.
L¹antisémitisme devient le fil conducteur et l¹élément programmatique essentiel de tous les mouvements nationalistes d¹extrême droite qui émergent en Europe à la fin du XIXe. Il suffit de lire tous les théoriciens de cette extrême droite et tous les intellectuels qui se fourvoieront dans l¹antisémitisme (en France : Maurras, Daudet, Drieu La Rochelle , Céline ). À l¹ouest, l¹antisémitisme frappe des minorités qui ont parfois réussi économiquement mais dont l¹intégration dans la société est refusée par les nationalistes. L¹affaire Dreyfus est emblématique à ce titre, mais la victoire finale des Dreyfusards montre que le refus de l¹antisémitisme est devenu une question fondamentale pour les républicains. En Europe de l¹Est et dans l¹empire Russe où vivent 60% des Juifs, l¹antisémitisme se double d¹un conflit de classe. La grande majorité des Juifs sont des prolétaires. Leur condition sociale et les persécutions les ont fait basculer massivement dans le camp de la Révolution. Le régime tsariste utilisera les pogroms meurtriers (Odessa, Kiev et surtout Kichinev en 1903) pour essayer de briser le mouvement révolutionnaire.
Après la guerre de 14, l¹antisémitisme devient idéologiquement dominant dans tous les pays d¹Europe. En Allemagne, avant le Nazisme, les corps francs accusent pêle-mêle les républicains, les socialistes et les Juifs d¹être responsables de la défaite. L¹assassinat du ministre Juif Walter Rathenau (1919) préfigure ce qui va suivre. En France, la presse bénéficie d¹une totale liberté pour proférer les pires injures antisémites ou pour appeler au crime. Elle se déchaînera particulièrement quand Léon Blum arrivera au pouvoir. En Roumanie, en Hongrie, en Pologne, l¹antisémitisme est banalisé et tous les chefs d¹Etat s¹en servent.
Le Nazisme va prospérer sur un large consensus qui fait des Juifs les responsables de la crise économique, de la corruption, des territoires perdus, de la crise morale Il y ajoutera une équation : juif = communiste qui lui assurera la complicité du grand capital. C¹est ce consensus qui a permis le génocide. Génocide sur lequel aucun mensonge révisionniste n¹est admissible : la moitié des 12 millions de Juifs européens, toutes classes sociales confondues, a disparu dans les camps d¹extermination ou victime des Einsatzgruppen. En Pologne ou en Lituanie, c¹est plus de 90% de Juifs qui ont été massacrés. En France, ce taux a été beaucoup plus bas (25%) probablement parce qu¹une majorité de la population a permis par son attitude un sauvetage de masse.
Le sionisme et l¹antisémitisme
La théorie sioniste est née de l¹antisémitisme et toutes les manifestations antisémites l¹ont renforcée. Et pourtant, il y a un double paradoxe. D¹une part, les Sionistes ont considéré dès le départ que l¹antisémitisme est inéluctable et donc qu¹il est parfaitement inutile d¹essayer de la combattre, la seule solution pour les Juifs étant l¹émigration vers le futur « Etat juif ». Quand Theodor Herzl rencontre le Premier ministre du tsar, le très antisémite comte Witte, il essaie de lui expliquer qu¹ils ont un intérêt commun : permettre au plus grand nombre de Juifs de quitter l¹Empire. D¹autre part, sionistes et antisémites partagent une conviction commune : pour eux, le « mélange » est impossible. La coexistence entre Juifs et non Juifs n¹a pas de sens et ils prônent les uns et les autres la séparation et une conception « ethniquement pure » de la nation. Le sionisme puise ses racines théoriques dans les différents nationalismes du XIXe qui considèrent tous que chaque peuple doit avoir un Etat « ethniquement pur » et qu¹il faut refuser le mélange. Tragiquement, les idéologies antisémites meurtrières sont parties des mêmes présupposés. Les sionistes ne joueront aucun rôle dans la lutte contre l¹antisémitisme qui mobilise d¹autres courants, les démocrates et les révolutionnaires.
Si pendant longtemps, la branche dominante du sionisme (dont est issu le parti travailliste israélien) penche du côté du socialisme (ce qui ne l¹empêche pas d¹avoir un comportement colonial vis-à-vis des Palestiniens), la branche dite « révisionniste » avec Jabotinsky et plus tard des groupes terroristes comme l¹Irgoun de Menahem Begin ou le groupe Stern d¹Itzhak Shamir a des convergences idéologiques avec l¹extrême droite européenne.
Jusqu¹à la deuxième guerre mondiale, le sionisme est minoritaire chez les Juifs. C¹est incontestable quand on regarde les élections qui ont lieu en Pologne ou les flux migratoires qui partent d¹Europe orientale et d¹Allemagne en se dirigeant vers l¹Europe occidentale ou les Etats-Unis. Le « foyer Juif » en Palestine n¹apparaît pas majoritairement comme la solution face à l¹antisémitisme et en 1939, moins de 3% des Juifs du monde y vivent.
Aujourd¹hui, le souvenir du génocide a été institutionnalisé en Israël avec une exploitation évidente. Sharon explique devant le camp d¹Auschwitz que « les Juifs ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour se défendre ». Le glissement va jusqu¹à assimiler Arafat à Hitler. Pourtant, les sionistes n¹ont joué qu¹un rôle marginal dans la résistance juive au nazisme qui a été essentiellement Bundiste ou communiste ( la MOI en France). On peut juste citer Mordekhaï Anielewitz (de l¹Hashomer Hatzaïr, mouvement sioniste de gauche qui était à l¹époque une antichambre du PC) à la tête de l¹insurrection du ghetto de Varsovie ou l¹engagement de milliers de Juifs de Palestine dans la « légion juive » de l¹armée britannique. Par contre, le courant « révisionniste » du sionisme dont Sharon ou Nétanyahou sont les héritiers a continué sa lutte contre les Britanniques en pleine guerre.
Le projet sioniste a été longtemps ambigu, en mélangeant deux tâches historiques. L¹une était a priori « noble ». Il s¹agissait d¹offrir aux Juifs un havre de paix où ils ne seraient plus discriminés, persécutés ou exterminés. On avait juste « oublié » que ce havre de paix n¹était pas « une terre sans peuple pour un peuple sans terre » et on a instrumentalisé la situation tragique des rescapés du génocide pour expulser le peuple palestinien de sa terre. L¹autre projet du sionisme, présent dès le départ, a consisté à essayer de faire venir l¹ensemble des Juifs en Palestine. Ce projet n¹est pas seulement colonial et impérialiste, il impose aux sionistes d¹aviver la peur de ceux qui ne veulent pas émigrer. Bref l¹antisémitisme, réel ou supposé, est un moteur du projet sioniste.
La construction de l¹Etat d¹Israël et le sionisme.
Le génocide nazi a permis le succès du projet sioniste et la transformation du « foyer » créé par la déclaration Balfour en Etat. D¹une part, l¹afflux des rescapés et des Juifs fuyant l¹Europe a donné à l¹armée israélienne en formation (le Palmach et la Hagana ) les combattants qui lui ont permis de gagner la guerre. Israël a bénéficié du fait que de nombreux rescapés ne savaient pas où aller et n¹étaient les bienvenus nulle part. Mais surtout, l¹Occident et l¹URSS ont voulu noyer leurs responsabilités dans l¹antisémitisme et accessoirement se débarrasser des Juifs qui n¹avaient plus de pays en contribuant de façon décisive par une aide économique et militaire à la victoire israélienne sur les Palestiniens en 1948.
Dès que l¹Etat d¹Israël a été créé, ses dirigeants ont cherché à le peupler et à remplacer les Palestiniens expulsés. Un immense effort a été fait pour provoquer l¹immigration des Juifs du Monde Arabe.
Cette immigration a été rendue possible par la conjonction de deux phénomènes. D¹un côté la plupart des dirigeants arabes étaient souvent ravis de se débarrasser de leurs Juifs et accessoirement de confisquer leurs biens. Pourtant ce départ était un véritable coup de poignard contre le peuple palestinien (un peuple « frère » en théorie). Mais quand les Juifs ne sont pas partis spontanément, les Israéliens ont tout fait pour les y inciter. On sait, depuis l¹ouverture des archives, que l¹attentat contre la synagogue de Bagdad au début des années 50 est venu des services israéliens. Les Juifs Irakiens étaient les descendants de ceux qui étaient restés à Babylone. Ils ne sont plus qu¹une centaine aujourd¹hui. Dans le cas des Juifs Yéménites dont la présence en Arabie du Sud remonte à près de 3000 ans, les Israéliens ont utilisé une légende disant que le Messie viendrait voler vers eux. Ils sont venus les chercher en avion et cette communauté a disparu pour venir former en Israël un nouveau prolétariat. L¹assassin de Rabin est un Yéménite, représentant quelque part d¹une communauté qu¹on a coupée de son histoire et de ses racines.
Au Maroc et en Tunisie où il n¹y a quasiment jamais eu de persécution antijuive, une campagne de propagande très intense a permis le départ de la plupart des Juifs au moment de l¹indépendance.
Chaque guerre et chaque bouleversement ont provoqué une nouvelle immigration vers Israël. En 1956, la guerre de Suez a entraîné quelques mesures de rétorsion contre les Juifs egyptiens et le départ de tous. En 1962, l¹indépendance de l¹Algérie s¹est accompagnée du départ d¹une communauté antérieure à l¹arrivée des Arabes, victime à sa façon du colonialisme : le décret Crémieux avait donné la nationalité française aux Juifs Algériens en la refusant aux Musulmans. La plupart des Juifs Algériens sont venus en France, mais quelques-uns ont choisi Israël. La même année, les Israéliens ont enlevé Eichmann en Argentine, l¹ont ramené en Israël et l¹ont pendu. Le régime péroniste a organisé quelques manifestations antijuives qui ont provoqué une émigration vers Israël.
Dans les pays de l¹Est dits « socialistes », un antisémitisme insidieux s¹est manifesté dès 1945 (pogrom de Kielce en Pologne en 1946, purges staliniennes qui ont frappé essentiellement des communistes juifs, anciens des brigades internationales et de la résistance au nazisme, purges antisémites dans la Pologne de 1968). Cet antisémitisme d¹Etat a provoqué le départ vers Israël d¹anciens communistes au passé illustre. Il a surtout ruiné ce qui avait été l¹espoir de nombreux Juifs : que la révolution donne une solution définitive à la « question juive ». Il a cassé l¹attachement des Juifs de ces pays à l¹ancien « Yiddishland ». Quand Gorbatchev est arrivé au pouvoir, alors que jamais auparavant les Juifs Soviétiques n¹avaient eu un dirigeant aussi bienveillant à leur égard, ils ont choisi massivement de partir, fuyant un pays économiquement sinistré dans lequel ils n¹avaient plus confiance. De nombreux non Juifs ont profité de l¹occasion pour partir aussi en Israël.
En France depuis 1945, les Juifs ne sont plus des « parias » et appartiennent en majorité aux classes moyennes. Ils ont conquis, dans la douleur, l¹égalité des droits. Ils sont attachés à la France et à la laïcité et n¹ont aucune raison de partir pour Israël. À plusieurs reprises, il y a eu des tentatives pour créer une psychose, hurler à l¹antisémitisme et les faire partir. Sharon s¹y est essayé et il a même mis en scène l¹arrivée en Israël de Juifs Français. Toutes ces tentatives ont eu peu de succès. Sur les 600000 à 700000 Juifs Français, 16000 sont partis en 10 ans et beaucoup sont revenus.
Il y a pourtant un « Mal-être Juif » bien décrit par Dominique Vidal, mais qui ne repose sur aucune réalité d¹une résurgence d¹un antisémitisme de masse. Au contraire, toutes les études montrent que les Juifs sont acceptés dans la vie quotidienne ou à des postes de responsabilité plus qu¹à n¹importe quelle autre époque. Les discriminations ou actes de haine qu¹ils peuvent subir sont sans comparaison avec ce que subissent quotidiennement les Arabes, les Noirs ou les Roms. La psychose entretenue par certains dirigeants communautaires (qui évoquent parfois une nouvelle « Nuit de Cristal ») repose sur un fantasme. Des officines comme « Avocats sans frontières » de William Goldnadel attaquent systématiquement tous ceux qui critiquent Israël ou le sionisme en les traitant d¹antisémites. Même Edgar Morin, pourtant Juif et résistant a été attaqué et a perdu son procès. Devant un tribunal, l¹antisionisme est systématiquement assimilé à l¹antisémitisme.
On le voit donc : partout où l¹antisémitisme existe ou a existé, il a renforcé le projet sioniste. Quand, croyant montrer sa solidarité avec l¹Intifada, quelqu¹un caillasse une synagogue, l¹acte est doublement imbécile : c¹est un acte raciste et il renforce ce qu¹il est censé combattre.
En même temps, quand l¹antisémitisme n¹existe pas, il est de l¹intérêt du projet sioniste de le provoquer : pour créer une adhésion émotionnelle et inconditionnelle à la politique israélienne et pour déclencher une nouvelle immigration.
Les « nouveaux » antisémites.
L¹antisémitisme racial n¹a pas disparu. Le Front National et divers groupuscules d¹extrême droite relaient toujours une prose antisémite directement héritée de l¹époque de Vichy. Souvenons-nous du journal « Minute » traitant Anne Sinclair de charcutière cachère ou Le Pen et Gollnisch dissertant sur « les camps point de détail de l¹histoire », le même Le Pen donnant les noms de plusieurs journalistes Juifs pour illustrer l¹idée qu¹ils contrôlent les médias.
Mais l¹antisémitisme n¹est pas le monopole de l¹extrême droite. Il existe une tradition antisémite à gauche qui remonte aux débuts du mouvement ouvrier où les Juifs étaient assimilés à l¹argent et à la banque et étaient accusés de dominer le monde. À l¹époque de l¹affaire Dreyfus, Jaurès avait hésité à engager le parti socialiste et il avait rencontré de nombreuses résistances.
Le « négationnisme », c¹est-à-dire la négation de la réalité du génocide, est né à l¹extrême droite, mais il a prospéré à l¹ultra-gauche. Dès la chute du nazisme, il y a eu une tentative pour réhabiliter le régime déchu et nier ses crimes. Maurice Bardèche, beau-frère de Brasillach a agi en ce sens, aidé en cela par le recyclage des anciens serviteurs de Vichy dans divers partis. C¹est un ancien déporté à Buchenwald, Rassinier, qui le premier va nier le génocide. Dans les années 60, les Bordighistes publient « Auschwitz ou le Grand Alibi ». Ce n¹est pas une négation du génocide mais une mise sur le même plan du nazisme, du capitalisme et du stalinisme. Fondateur d¹une librairie d¹extrême gauche active en mai 68 (La « Vieille Taupe »), Pierre Guillaume va rompre avec tous ses amis et transformer sa librairie en officine révisionniste recherchant de façon obsessionnelle les « preuves » du mensonge. Quand Faurisson publie son premier pamphlet, au nom de la « liberté d¹_expression », des Juifs comme Gabriel Cohn-Bendit ou Noam Chomski se prononcent contre toute sanction judiciaire. Pierre Vidal-Naquet traitera avec brio les négationnistes « d¹assassins de la mémoire ». Le courant révisionniste dont les principales motivations sont à l¹évidence antisémites, recevra de nombreux soutiens célèbres comme Roger Garaudy, ancien dissident du PCF. Il infiltrera certaines universités comme Lyon III.
Ce qui est plus grave que ces gesticulations, c¹est l¹existence, certes en nombre limité, d¹antisémites infiltrés dans le mouvement de soutien à la Palestine.
À l¹UJFP, nous avons toujours expliqué que Juif, sioniste et Israélien, c¹est différent, que cette guerre n¹est pas une guerre raciale, religieuse ou nationaliste mais que ce qui est en jeu, c¹est le refus du colonialisme, l¹égalité des droits et la justice. Pour nous, les crimes commis « en notre nom » par l¹armée israélienne marquent une rupture complète par rapport à la tradition « universaliste » du judaïsme dont nos nous réclamons.
Les nouveaux antisémites, exactement comme les sionistes, confondent sciemment Juif, sioniste, Israélien. Ils maquillent leur haine ordinaire derrière « l¹antiisraélisme » (pour reprendre un terme d¹Edgar Morin) qui est à mon sens parfaitement légitime. Ils expliquent la destruction de la société palestinienne par une perversion intrinsèque des Juifs.
Derrière ce courant, il y a le personnage d¹Israël Shamir. Ce Juif soviétique, arrivé en Israël à la fin des années 80 et qui vit à Jaffa est inconnu dans le mouvement pacifiste israélien [comme on dit "inconnu des services de police]. Il a d¹abord produit de bons textes sur toutes les exactions commises par Israël. Mais les choses ont vite dérapé. Pour Shamir, le problème ce n¹est pas le sionisme, c¹est le judaïsme avec lequel il faut « rompre ». Shamir s¹est converti au christianisme (orthodoxe) dont il a repris la pire tradition antisémite en affirmant sans rire que le « Protocole des sages de Sion » est authentique et que les Juifs se sont livrés à des crimes rituels contre les chrétiens. Shamir entretient d¹excellents rapports avec le néo-nazi allemand Horst Mahler. Je ne sais pas si Shamir est un agent du FSB ou du Mossad, mais s¹il ne l¹est pas, c¹est que les services secrets ne sont plus ce qu¹ils étaient. Dominique Vidal a publié un excellent travail de recherche sur Shamir, facilement consultable sur Internet.
Le problème, c¹est que Shamir a des partisans, notamment en France qui se disent que si un Israélien dit de pareilles choses sur les Juifs, c¹est 1) que c¹est vrai, 2) que c¹est permis.
Dans cette mouvance, on trouve des gens qui ont beaucoup fait pour la cause palestinienne mais qui ont dérapé sous l¹influence de Shamir. Je pense à Marcel Charbonnier. L¹autre traductrice de Shamir, Maria Poumier est une vraie antisémite qui a eu des propos particulièrement scandaleux contre des militantes antisionistes comme Danielle Bleitrach ou Olivia Zémor. La journaliste suisse Sylvia Cattori est toujours très active pour populariser Shamir.
Il existe un courant antisémite issu de l¹extrême gauche. On y retrouve le négationniste Serge Thion, exclu du CNRS et plusieurs fois condamné qui publie sous le manteau un journal informatique « La guerre du Golfe et des banlieues » où l¹antisémitisme obsessionnel est à l¹état pur. Jean Brière exclu des « Verts » pour propos antisémites, Ginette Skandrani, animatrice de « La Pierre et l¹Olivier » (qui a accusé Michèle Warschawski et Olivia Zémor d¹être des agents du Mossad) et Fausto Giudice qui a fondé le site intégriste musulman Quibla font partie de ce courant. Ils se sont rapprochés du « parti des musulmans de France » de Mohamed Latrèche et sont ouvertement pour une alliance avec des courants « intégristes ». Parmi les plus durs dans ce noyau, citons Michel Dakar, plusieurs fois condamné et obligé de fermer son site « Egade ». Dans le texte, Dakar est clair. Citons-le : « Danielle Bleitrach et Pierre Stambul sont tous deux Juifs. Le judaïsme conditionne ses adeptes à l¹idée de leur propre suprématie, sur tous les autres humains. Selon le judaïsme, seuls les Juifs sont des humains, les autres "humains" sont des formes vivantes intermédiaires entre les animaux et les seuls humains qui sont les Juifs, ces formes intermédiaires ayant été créées par Dieu pour servir les Juifs et le monde ayant été créé comme leur propriété »
Ces gens se connaissent et agissent ensemble. Ils ont « égaré » un mèl écrit par Fausto Giudice. Qui sont les destinataires ? On y trouve Manfred Stricker, qui fut candidat d¹extrême droite en Alsace, Mondher Sfar, un Tunisien négationniste qui est passé par l¹université Lyon III. Les autres sont Charbonnier, Poumier, Cattori, Brière, Skandrani, Dakar De quoi parlent-ils ? de la création d¹un comité de défense regroupant toutes les personnes attaquées pour leurs propos.
On pourrait penser que dans le fond, ces illuminé(e)s sont inoffensifs. Deux événements montrent que non. D¹abord la conférence organisée en Suisse par Sami Aldeeb pour un seul état démocratique en Palestine. L¹idée généreuse est sans doute la plus réaliste et la plus juste quand Israël a installé 450000 colons en Cisjordanie et à Jérusalem. Hélas, la conférence a été gangrenée par les négationnistes qui ont été chargés des principales interventions introductives. Le même scénario s¹est reproduit avec la Caravane de la Paix de Strasbourg au pont Allenby. L¹intervention des négationnistes a provoqué le départ de certains des initiateurs du projet.

D¹autres personnes ayant tenu des propos antisémites ont fait parler d¹elles ces derniers temps. Citons Alain Soral, Dieudonné pour qui l¹esclavage a été financé par des banques juives ou Alain Ménargues qui pense que les Juifs se sont enfermés tous seuls dans le ghetto. Il y a aussi ceux qui estiment que tout Juif est forcément quelque part un sioniste. Il y a enfin le problème de camarades sincères et actifs qui estiment que cette question est secondaire et qu¹en tout état de cause, les Juifs (donc l¹UJFP) n¹ont pas à trier dans le camp de la Palestine les bons et les mauvais. On a ainsi vu devant le Bataclan à l¹occasion d¹une des nombreuses provocations de l¹Association pour le Bien-être du Soldat Israélien des contre-manifestants particulièrement douteux scandant des slogans antisémites.
Effectivement, si seuls les Juifs sont concernés par cette infiltration, alors nous aurons tous perdu. Félicitons-nous de la vigilance pointilleuse de l¹AFPS et de Bernard Ravenel qui se sont toujours montrés très vigilants à l¹égard des dérives antisémites.
Je terminerai en répétant que la lutte contre l¹antisémitisme est à la fois une question de « morale » et une question « d¹efficacité ». De morale parce que nous nous battons au nom de principes universels : le refus des discriminations et du colonialisme, l¹égalité des droits et la justice. Nous ne sommes pas pour la victoire d¹un nationalisme contre un autre mais pour la fin d¹une occupation criminelle qui détruit la société palestinienne.
Question d¹efficacité aussi. L¹impunité insupportable d¹Israël vient d¹une adhésion inconditionnelle de la plupart des Juifs. Derrière cette impunité, il y a la « culpabilité » de l¹Occident et une névrose collective qui fait croire à beaucoup de Juifs que le génocide peut recommencer. Toute manifestation d¹antisémitisme renforce la politique actuelle des gouvernements israéliens.
Pierre Stambul
Vice-président, UJFP

Valence, 26/11/05