Le discours islamophobe de négation humaine en France…

1980-1996

« Les discours islamophobes de la démonisation, de la négation, de la bestialisation et de l'infection, dépouillent le musulman de sa personne, de son humanité, de son individualité, de sa voix et de son monde pour le reconstruire, le dissoudre plutôt, en démon, en néant, en animal ou en virus. Ils le préparent en cadavre vivant, car ils tuent sa personne juridique, en le plaçant dans des catégories qui sont hors de la protection de la loi, ainsi que sa personne humaine, sociale et morale en le mettant en dehors du champ de la solidarité humaine et sociale. »

L'Algérie en murmure, un cahier sur la torture, de Moussa Aït Embarek, Ed. du Hoggar, Plan-les-Ouates, Suisse.

 

Infériorisation - Dévalorisation – obscurantisation…

L'islamisme est qualifiée « d'ombre », de « nuit », « d'obscurantisme », « d'intolérance », de « fanatisme », « d'oppression », par opposition à la « lumière démocratique, laïque et républicaine » et aux « valeurs » de « tolérance », « d'équité », de « justice », de « liberté », des « droits de l'homme » (non-musulman et surtout non-islamiste !!!) etc, qui en découlent.

 

Marginalisation…

Les islamistes ne sont même plus des musulmans intègres fidèles à leur profession de foi (shahadah) : « Il n'y a de Dieu que Dieu et Muhammad est son Envoyé », à La Parole et à La LOI de Dieu, mais des « fanatiques », des « intégristes », des «  fous d'Allah », des obscurantistes », des « non-intellectuels », des pourchasseurs de l'intelligence », même s'ils comptent dans leurs rangs, un grand nombre d'authentiques intellectuels, des médecins, des professeurs, des avocats, des journalistes et des scientifiques.

Parce qu'ils défendent concrètement des valeurs concrètes, de liberté, de dignité, de justice, de vérité qui dérangent , et dénoncent les tyrans, leurs tyrannies, leurs valets et leurs idoles ; refusent les «  valeurs » que l'on voudrait leur imposer, les « islamistes » sont des bipèdes « dangereux » qu'il faut exclure et éliminer de nos sociétés modernes et civilisées ; c'est ce qu'affirment les procureurs de la pensée, seuls à avoir droit aux labels de « démocrates » et « d'intellectuels », ainsi qu'à tous les droits.

Les imams islamistes, même bardés de diplômes, ou ayant étudié dans de prestigieuses universités islamiques, sont, selon eux, les vecteurs d'un « islam sommaire et rétrograde », tandis que les « imams » les plus incultes, vecteurs d'un « islam » aliéné, laïcisé, judéo-christianisé, à la solde du pouvoir en place et des dictatures anti-islamiques, fidèles à l'idole, sont des « hommes de culture », ouverts au dialogue ».

 

Epidémisation…

L'Islamisme est qualifiée de « germe » de « virus » qu'il faut tuer ; de « gangrène », de « cancer » qu'il faut « enrayer » pour empêcher toute « contamination ».

 

Bestialisation…

Les termes de « pistes islamiques », « d'hydre islamique », de « repaires », de « traques anti-islamistes », de « coups de filet anti-islamistes », « d'islamistes capturés », « d'islamistes abattus », sont employés pour désigner les opérations de répression anti-islamistes ou « chasses aux islamistes » dans lesquelles on nie à l'islamiste toute identité humaine, pour le transformer en animal dangereux qu'il faut à tout prix capturer et éventuellement abattre.

 

Criminalisation…

Les associations islamistes, voire même seulement islamiques, sont qualifiées de « filières islamistes », de « réseaux » à « démanteler, afin de les assimiler à des malfaiteurs se livrant à des trafics illicites. Ces qualificatifs visant bien entendu, à faire entrer dans les esprits des gens, qu'il s'agit de « filières et de réseaux terroristes ». Les désinformateurs sont parvenus en associant les mots islamistes, intégristes et terroristes, à faire de ceux-ci des synonymes.

 

Les islamistes ne sont plus des hommes, mais des « barbus », non pas vêtus, pour certains, d'habits traditionnels musulmans, mais d'uniformes terroristes. Ils sont d'ailleurs toujours inévitablement représentés dans des caricatures anti-islamiques, sous les traits de barbus hirsutes vêtus de gandouras et chaussés de claquettes.

 

Le foulard islamique (hidjab) est qualifié de « symbole de l'oppression symbolisant les sociétés occidentales ou occidentalisés de la femme », par rapport à celui-ci. Il fut également qualifié « d'emblème terroriste » par un « grand intellectuel » français ou de « signe religieux ostentatoire » par des professeurs et des proviseurs de lycées « laïcs » qui expulsent de leurs établissements les jeunes filles musulmanes ayant la tête recouverte d'un foulard, mais qui ne s'indignent pas des croix et des étoiles de David portées autour du cou par d'autres élèves, ni des programmes scolaires liés aux fêtes religieuses chrétiennes !!

Le foulard islamique est appelé aussi tchador, alors que ce dernier enveloppe la tête et le corps, à la différence du foulard qui ne couvre que la tête, afin de provoquer dans les esprits l'équation suivante : tchador=Iran= « fanatisme »= « terrorisme » !!

 

Des associations islamistes sont qualifiées de « pro-iraniennes », être « pro-iranien » étant pour les « démocrates », le mal absolu pour cause de Révolution islamique. Comme si un islamiste était incapable de penser et d'agir autrement que sur ordre de l'Iran !!

Ces qualificatifs visent à « accréditer » la thèse de l'islamiste « agent de l'étranger » !!

 

Barbarisation, diabolisation, démonisation…

« L'Iran est plus dangereux que l'Allemagne nazie, car il possède la bombe atomique » a affirmé le premier ministre d'Israël, le 4/03/96 en marge du sommet anti-terroriste de Sharm-el-Sheick (Egypte) qui accuse, sans fondement, ni preuves, l'Iran, de soutenir et de financer la Résistance islamique dans les territoires occupés par Israël conjointement administrés par l' « OLP » : la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Cette haine à l'égard de l'Iran, dont beaucoup de « démocrates » souhaiteraient la destruction, « s'explique » par le fait que sa Révolution islamique réussie, c'est aussi, l'un des rares pays où les islamistes ont la liberté d'expression, c'est le moins que nous puissions attendre !!

 

L'Iran islamique qualifié « d'Etat terroriste  d'où partent toutes les actions terroristes » comme l'affirment aussi légèrement certains « responsables démocrates » de gouvernements, n'a jamais cessé d'être victimes d'actions terroristes depuis sa Révolution, par complots, attentats et agressions par Irak interposé (jusqu'en 1989).

Nos « intellectuels et politiciens démocrates » dont le Q.I. nous laisse songeurs, qualifient les islamistes de « fascistes », de « nazis » et l'islamisme, de « national-islamisme » afin de l'amalgamer avec national-socialisme de sinistre réputation, pour pouvoir mieux le détruire et le reconstruire sous les traits d'une idéologie monstrueuse, d'un mal absolu qui ne peut avoir le droit de cité, le faire confondre par « l'opinion » en une même répulsion.

Certains « démocrates » osent affirmer, comme ils le firent à l'égard du nazisme, que « l'islamisme n'est pas une opinion, mais un délit ».

Les islamistes sont, forcément, des « terroristes », des « barbares », des « tueurs », des « égorgeurs », selon la technique de l'amalgame, chère aux « démocrates », même ceux qui n'ont jamais tué, ni égorgé personne, parce que certains membres de la Résistance islamique en Algérie ont exécuté des « intellectuels » suppôts de la dictature. Il est à noter sur ce point, que plus de 50.000 islamistes ont été assassinés depuis 1992 en Algérie, par les forces de répression, contre quelques dizaines « d'intellectuels » éradicateurs complices de ces assassinats, exécutés par la Résistance islamique.

 

Nos « démocrates » parlent sans cesse de « terrorisme islamique » pour désigner la Résistance islamique, pourquoi ne parlent-ils pas de terrorisme catholique pour désigner les groupes de résistance qui opèrent en Amérique latine ou en Irlande du Nord, au Pays Basque, en Corse et ailleurs, avec lesquels les pouvoirs dialoguent d'ailleurs ?Pourquoi ne parle-t-on pas de terrorisme juif pour désigner les actes commis contre la population palestinienne depuis 50 ans ? Pourquoi ne parle-t-on pas de terrorisme orthodoxe pour désigner les crimes commis par les Serbes contre la population musulmane bosniaque ? etc etc. Ces terrorismes sont pourtant bien réels, à la différence du ou des prétendus terrorismes islamiques.

Nos « démocrates » parlent d'un prétendu « péril islamique », si péril il y a, c'est un péril pour les tyrans et leurs valets !!

On imagine mal qu'un centième des qualificatifs employés à l'égard des musulmans, le soit à l'égard des autres religions, les indignations et les condamnations seraient générales…

Tous ces qualificatifs employés à l'égard des musulmans, sont sans fondement, ils relèvent du mensonge, de la calomnie, de l'injure, de la falsification des mots et des faits.

Ces accusations sans preuves, ni fondement, reposent sur l'exploitation de faits divers imaginaires ou inexacts attribués à des islamistes et relèvent de la manipulation, de la provocation de la désinformation, de l'amalgame et de la généralisation.

Ce sont des appels, des apologies d'incitation à la haine, à la répression, à l'exclusion, à la discrimination religieuse et au meurtre, délits (en principe ?!) réprimés par des articles du Code pénal français relatifs à la discrimination religieuse, aux atteintes à la dignité humaine etc.

Ces faits violent par ailleurs la Chartre des devoirs professionnels des journalistes français (1918) qui stipule de respecter la vérité ; de ne pas la déformer par une présentation partisane et trompeuse, de contrôler la vérité de l'information , l'interdiction de diffamer, de dévoiler la vie privée des gens ; le droit à la présomption d'innocence, qui stipule que tout individu est réputé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité ait été établie devant un tribunal ; la Constitution française et plusieurs articles de la Déclaration universelle des droits de l'homme.

Ces faits sont accompagnés d'appels, d'apologies et de soutiens aux dictatures anti-islamiques, d'apologies des calomniateurs et des blasphémateurs de l'Islam ; d'appels, d'incitations à la délation, à l'inquisition et à la suspicion ; d'une « victimologie » de l'islamisme, visant à accréditer la thèse du « terrorisme islamique » et de la « barbarie islamique » ; d'indignations sélectives et d'une hiérarchisation du prix de la vie. L'exécution d'un « démocrate » auteur de lettres de cachet, étant un acte de barbarie, mais des massacres de dizaines de milliers de musulmans, des faits sans importance ne méritant pas même d'être signalés.

 

Délation, inquisition, suspicions…

Des personnes sont nommément désignées et accusées sans preuves ni fondement ; de soutenir, d'appartenir ou d'être sympathisantes du « terrorisme » ( de la Résistance islamique, alors que jusqu'à ce jour , et jusqu'à la preuve du contraire, être islamiste ne constitue pas un délit au regard de la législation française, et relève de la liberté d'opinion ; ainsi que des musulmans responsables d'associations culturelles, sportives, humanitaires ou sociales, en violation des droits aux libertés de culte, d'association, de pensée et de conscience, de faire du prosélytisme islamique (ce qui n'est pas un délit !), sans faire le même procès d'intention aux chrétiens et aux communistes qui oeuvrent dans des officines, courroies de transmission ou filiales de groupes communistes ou chrétiens.

 

Nos « démocrates » néo-staliniens font mieux en matière de désinformation et de terrorisme à l'égard des musulmans, que ce que les nazis firent à l'égard des juifs , car ils se sont adjoints dans leur besogne, les traitres et les renégats d'un « orient » dégénéré qui devancent avec zèle, les exigences de leurs maîtres.

 

Le but de cette ignoble désinformation, est de reconstruire chaque musulman en « terroriste » potentiel, contre lequel tout est permis ; et de justifier toutes les répressions et persécutions anti-islamiques préventives, concrétisées pour le moment en France, par des interdictions de journaux et de livres islamistes, de plans sécuritaires attisant la peur et la haine contre les musulmans ; des contrôles d'identité « au faciès » (plusieurs millions depuis septembre 95), des perquisitions par centaines, des mises en examen, des arrestations et des incarcérations (environ 350) pour délit d'opinion (délits subjectifs) ; l'introduction d'espions et de mouchards dans les mosquées et dans les associations islamiques ; l'établissement de listes d'après les informations fournies par eux ; les officines intégrationnistes spécialisées dans la délation et dans l'inquisition ; les noms recueillies lors des perquisitions ; d'écoutes téléphoniques et de détournements de correspondances ; des expulsions, des assignations à résidence ; des refoulements aux frontières etc…

En Algérie, en Tunisie, en Egypte, en Palestine occupée etc , cette panoplie répressive est complétée par des assassinats, des tortures, des exécutions sommaires, des représailles, des massacres, des enlèvements, des saccages d'appartements , des vols, des dynamitages et murages d'habitations, des déportations dans des camps de concentration. Il est à noter que les assassinats de « rebelles » ou de « terroristes », les enlèvements, les tortures, les déportations dans des camps, les dynamitages de maisons avaient cours en Algérie. La répression en France et la répression en Algérie ; la désinformation et la répression des deux côtés de la méditerranée, démontre l'existence d'une sorte de «  cabinet noir » auquel participe les sinistres acteurs d'une politique commune terroriste anti-islamique concertée, sous les ordres d'un chef d'orchestre commun. C'est là une véritable association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste !! délit réprimé par le Code pénal français et utilisé exclusivement subjectivement contre les islamistes, pour les incarcérer.

 

Ce que veulent les musulmans de France…

Non pas des droits particuliers, mais tout simplement les mêmes droits que les autres citoyens de France ou vivant en France, appartenant à d'autres communautés, et le respect de ceux-ci.

Que la désinformation et la répression cessent !! Le Droit à la dignité, à la liberté de pensée, d'opinion, d'expression, d'association et de culte.

Daniel Milan. (Avril 1996).

 

Notes de l'auteur.

Ce texte concernant les discours islamophobes est toujours d'actualité, il sera toutefois complété prochainement, par une seconde partie plus en phase avec la situation actuelle.

Si sur le fonds le discours est toujours le même, il s'est étendu, structuré et diversifié dans sa forme.

La répression s'est terriblement accentuée ; et le racisme anti-musulman et islamophobe se pare des « valeurs » de laïcité, voire même des droits de l'homme…On oppose musulmans « éclairés » aux musulmans « obscurantistes »…