Un texte de M. Henri Lewkowicz, dont le sujet est les lois sur la « mémoire », « l'histoire officielle », la « réconciliation mémorielle », la « guerre des mémoires », « politique mémorielle » ...

 

Samedi 30 avril, en fin d'après-midi, j'ai écouté une partie de l'émission de Benjamin Stora, « Bouge dans ta tête », sur Radio-France-Culture.

Benjamin Stora et ses invités ont parlé des évènements de Sétif, en 1945, notamment du nombre des victimes algériennes.

Etonnant : quelqu'un a signalé un discours prononcé par l'ambassadeur de France en Algérie, et il a été précisé que ce discours a été complètement occulté par la presse française.

Puis Benjamin Stora et ses invités ont parlé longuement de la loi du 23 février 2005. Cette loi du 23 février 2005 serait soutenue par les associations « Cercle Algérianniste »  et « Jeune Pied-Noir ».

Il a été fait mention d'un lobby mémoriel sur l'histoire de la Guerre d'Algérie, lobby qui serait de tendance pro-colonialiste.

Les participants à l'émission ont surtout insisté sur l'article 4 de la loi du 23 février 2005, et certains ont demandé son abrogation.

Il paraît que le « Cercle Algérianiste » traite le général De Gaulle de « Grande Zora », et il paraît que déjà en 1942 et en 1943, à Vichy, le général De Gaulle était traité de « Grande Zora », ( c'est le titre d'une chanson ).

L'argument des adversaires du général De Gaulle est que le maréchal Pétain a sauvé l'Empire colonial.

Il y aurait actuellement une pétition CONTRE la loi du 23 février 2005.

Puis on a parlé à la fois de la loi du 23 février 2005 et de la loi du 21 mai 2001 ( cette loi du 21 mai 2005 est couramment appelée « loi Tobira » ).

Ces deux lois du 23 février 2005 et du 21 mai 2001 sont des lois sur la « mémoire ».

Il paraît que Pierre Vidal-Naquet est contre la multiplication de ces lois sur la « mémoire ».

Si j'ai bien compris, les partisans de la loi du 23 février 2005 soutiennent cette loi parce qu'ils pensent que c'est une loi reconnaissant « le rôle positif de la colonisation ».

Il paraît que l'article 1 de la loi du 21 mai 2001, ( loi Tobira ), circonscrit le crime contre l'humanité que constitue l'esclavage des Noirs au seul esclavage pratiqué par les Européens à travers l'Atlantique, c'est-à-dire l'esclavage pratiqué à l'encontre des populations de l'Afrique Occidentale par les Européens, et cette loi Tobira exclut complètement l'esclavage pratiqué à l'encontre des populations d'Afrique orientale par les arabes, et d'une façon générale, la loi Tobira exclut complètement la mise en esclavage de populations africaines par d'autres populations africaines.

On peut trouver des renseignements sur la loi du 23 février 2005 sur les sites internets de l'Assemblée Nationale et du Sénat.

Si j'ai bien compris, la loi du 23 février 2005 vise à instaurer une « histoire officielle de la colonisation », et cette loi du 23 février 2005 serait une loi en faveur des Rapatriés d'Afrique du Nord.

Par exemple, il paraît que la loi du 23 février 2005 exige le droit à la retraite pour les condamnés de l'O.A.S. ( Réflexion personnelle : pourquoi les anciens condamnés de l'O.A.S. n'auraient-ils pas le droit de percevoir une retraite comme tout le monde ? ).

Il a été fait mention des films anti-colonialistes de Vauthier, ( qui a été témoin en faveur de Roger Garaudy au procès de janvier 1998 ).

Puis, quelqu'un a dit qu'il n'y a pas d'histoire blanche d'un côté et noire de l'autre.

Par exemple, les harkis ont été des victimes, mais des victimes pas toujours innocentes, et pendant la guerre d'Algérie, tout le monde a trempé les mains dans le sang. ( Ceci me rappelle le fait suivant : je me souviens qu'un jour le « Canard enchaîné » a écrit que la Guerre d'Algérie, « personne n'en est sorti moralement intact »).

Puis les participants à l'émission ont souhaité une réconciliation mémorielle, c'est-à-dire la fin de la « guerre des mémoires ».

Instaurer une loi pour la mémoire de l'Algérie Française, c'est une mauvaise idée.

Les historiens doivent parler de tout sans exclusive, c'est pour cela que l'abrogation de l'article 4 de la loi du 23 février 2005 est souhaitable, parce que cet article 4 définit une politique mémorielle coloniale, et plus précisément, une politique mémorielle de la colonisation de l'Algérie.

Il ne doit pas y avoir des programmes scolaires d'enseignement de l'histoire coloniale dans un sens ou dans l'autre.

L'émission « bouge dans ta tête » est consultable sur internet, sur le site de Radio-France-Culture Point.Com.

 

Note du transcripteur :

Cela s'appelle « touche pas à mon génocide, c'est le seul qui compte, les autres, on renvoie dos à dos les victimes et les bourreaux, et il n'y a pas à obliger les gens et surtout les écoliers à faire leur devoir de mémoire, pour autre chose que MON génocide, LE SEUL LE VRAI L'INDISCUTABLE, L'INCONTOURNABLE, CELUI QUE VOUS DEVEZ SAVOIR PAR CUR, SINON VOUS NE FAITES PAS VOTRE DEVOIR DE MEMOIRE ET VOUS AUREZ UNE COLLE, CELUI AUQUEL VOUS DEVEZ PENSER A CHAQUE INSTANT ET A RIEN D'AUTRE, MEME PAS A VOS PETITS PROBLEMES PERSONNELS, CAR IL N'Y A QUE MON GENOCIDE QUI IMPORTE, MEME POUR LES MARTIENS, QUI BIENTOT DEVRONT EUX-AUSSI FAIRE LEUR DEVOIR DE MEMOIRE, ET POUR MON GENOCIDE, IL Y A BEAUCOUP DE LOIS, QUI VOUS OBLIGENT A FAIRE TRES TRES ATTENTION DE NE PAS CRITIQUER MON GENOCIDE ET A BIEN AVOIR VOTRE MEMOIRE COMME IL FAUT QU'ELLE SOIT, C'EST-A-DIRE OCCUPEE UNIQUEMENT PAR MON GENOCIDE.

L'émission "bouge dans ta tête", doit certainement être surnommée "bouge pas MON génocide de ta tête". On savait France-Culture entièrement saucissonné par le club de l'inexistence, ou par les inommables, cela se vérifie.